Union européenne et souverainetéAmie si tu tombes : hommage à Coralie Delaume

6 octobre 2021
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AMIE SI TU TOMBES :
HOMMAGE A CORALIE DELAUME

Gilles Nohain

 

La recension d’un ouvrage posthume doit nécessairement prendre la forme d’un hommage. Or je n’ai jamais eu le plaisir de rencontrer Coralie Delaume. Je ne suis qu’un de ses nombreux lecteurs anonymes, un « pouce bleu » parmi tant d’autres. Et pourtant, plusieurs d’entre nous pourraient dire malgré la grandiloquence de la formule : « Coralie Delaume a changé ma vie », c’est mon cas.

C’est grâce à son blog « L’arène nue » et à ses articles exigeants que l’économie est devenue pour moi autre chose qu’une source d’ennui. Même le droit européen, si rébarbatif, prenait avec elle une clarté nouvelle et démocratique. On se ressaisissait des enjeux de sa propre vie, on comprenait le grand jeu dans lequel nous étions un pion mangé par une Dame supranationale et bureaucratique. Avec sa pédagogie chaleureuse on sortait de cette aliénation qu’est la suspension de sa souveraineté. On était réinvesti acteur de l’économie, de la politique, de l’histoire. C’est grâce à elle durant mes années de formation, que j’ai appris que l’Union européenne n’était pas qu’un dogme chic et politiquement correct, qu’un fantasme de cadre dynamique et de pacifistes séniles mais que c’était un danger, un danger mortel.

L’annonce de sa disparition a été un choc brutal. C’est à cela que l’on reconnait une journaliste de qualité. On pleure bien sûr la personne humaine qui avait l’air d’être dotée de tant de qualités mais on pleure aussi le médium, celle qui faisait le travail ingrat à votre place, lisait pour vous, résumait, expliquait pour vous. C’était donc un vide qui s’ouvrait, comblé par cette question : « comment ferai- je ? ». Il n’y avait dès lors plus qu’une solution, se retrousser les manches et faire soi-même. Bien sûr, Coralie Delaume est irremplaçable et nous n’allons pas lire de nous-mêmes les mornes dépêches émises par les instances européennes ; mais on fait sa revue de presse, on s’interroge, on recherche, on refait son « arène » à soi.

Son dernier livre est, malgré sa très petite taille, un véritable bol d’air frais. Mais de l’air de 1848, de l’air de la liberté et du printemps. Le grand mérite de ce livre, en plus d’être un petit vademecum du fonctionnement de l’Union et du marché dérégulé, est de les resituer dans leur histoire. Il est rassurant de penser que nous ne vivons qu’une courte page de l’histoire, une toute petite page, depuis 1980 au moins. Notre enfer n’a que quarante ans. S’il est né, c’est qu’il est mortel, comme toutes les idéologies et tous les systèmes. C’est notre responsabilité, notre devoir, de fermer cette parenthèse, de mettre fin à cette triste expérience. Le politique est revêtu de toute sa noblesse, de son exigence éthique et pratique. Le livre se clot sur une question, ouverte encore au grand vent de l’Histoire et à l’enthousiasme : « mais la politique n’est-elle pas l’art de rendre possible ce qui est nécessaire ? ». La politique, c’est nous, la raison, la nécessité, c’est encore nous. A nous de nous en saisir et de la faire advenir. C’est de bien plus loin que nous vient le « vive la nation » de Valmy et que Coralie nous rappelle à retrouver.

La disparition de Coralie Delaume a été, pour ma part, un tocsin à l’action politique. Il y a urgence à se décider et à agir. Je ne connaissais pas Coralie, mais j’aurai aimé dire « amie, si tu tombes, un ami sort de l’ombre » sans avoir la prétention de prendre sa place, simplement la joie de continuer la tâche si nécessaire de la lutte pour la souveraineté.

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